Ces pieds si troublants que je redécouvre, sublimés par ce vernis rouge éclatant.
Ces pieds que je déchausse toujours avec la plus grande des émotions avant d’y poser mes lèvres, de m’imprégner de leur chaleur et de m’enivrer de leur entêtante odeur.
Ces pieds si doux qui, lorsque je les caresse à peine de ma joue, me transportent là-haut, tout là-haut, là où plus rien d’autre n’existe.
Ces pieds qu’il m’arrive de baiser frénétiquement pour implorer en vain Votre pitié.
Ces pieds qui, munis de leurs stylets acérés, s’amusent à me faire grimacer et à laisser leur singulière empreinte dans ma chair.
Ces pieds qui dorénavant n’hésitent plus à me frapper même lorsque je gis sur le parquet, déjà défait.
Ces pieds qui s’enfoncent dans ma bouche, dans ma gorge, jusqu’à ce que mon corps rende les armes.
Ces pieds qui parfois se parent de bleu après s’être abattus sans relâche sur ma virilité offerte.
Ces pieds qui ceignent mon visage avant que Vous ne le baptisiez de Votre essence sacrée ou que Votre ruisselante intimité ne vienne l’engloutir.
Ces pieds qui me piétinent, me coupent le souffle ou, tout sourire, broient ce sexe qui, dorénavant, Vous appartient.
Les pieds d’Hédona.